Jean Lombard Coeurderoy


Jean Lombard, qui signait « Jean Lombard Coeurderoy » pour ses amis, est l’auteur d’une œuvre capitale dont malheureusement la totalité n’a pas été publiée intégralement en français. La Face Cachée de l’Histoire Moderne n’est en fait qu’un résumé des tomes 1 et 2 de la traduction espagnole de La Cara Oculta de la Historia Moderna. Il est très souhaitable que le manuscrit français de l’œuvre complète soit publié, ce qui comblera une regrettable lacune. Rappelons que Jean Lombard n’ayant pas trouvé d’éditeur français qui acceptât de publier son œuvre monumentale, se résolut avec la plus grande déception à faire traduire ses volumes en espagnol. Quatre gros tomes parurent ainsi aux éditions franquistes « Fuerza Nueva » à la plus grande joie des espagnols et sud-américains avertis des questions subversives.

Mais qui était Jean Lombard ?

Biographie anti-subversive

Diplômé de l’École des Chartes en 1927, Jean Lombard s’est orienté vers une carrière diplomatique en intégrant l’École des Sciences Politiques d’où il sortit lauréat du concours des Ambassades. Peu avant la deuxième guerre mondiale, on lui confia le poste de bibliothécaire-archiviste de la ville d’Alger avant de devenir administrateur de la Bibliothèque de la même ville, ce qui lui permit d’être plongé pendant 10 ans dans les affaires musulmanes en Algérie. Pendant la Guerre, il fut affecté aux services de renseignements. Inquiété à la « Libération » pour avoir dépouillé les bibliothèques et les archives des loges maçonniques en Algérie, il fut incarcéré pendant quelque temps et radié de la Bibliothèque. Après la guerre, il fut nommé secrétaire général du Comité des Banques d’Algérie, directeur de l’enseignement bancaire en Afrique du Nord et professeur d’économie politique, avant de retrouver sa place d’administrateur de la Bibliothèque d’Alger (le Conseil d’État ayant levé la sanction qui l’avait touché auparavant). Mis en congé spécial après l’abandon de l’Algérie en 1962, il vint s’installer en Espagne comme beaucoup de pieds-noirs ou de pro-Algérie Française scandalisés par ce largage inique ! Jean Lombard fut ensuite nommé « chargé de missions » de l’UNESCO en Amérique Centrale et au Liban, ce qui lui permit d’en apprendre beaucoup sur la subversion mondiale. Cette carrière bien remplie lui a donné l’occasion de parfaitement prendre connaissance des arcanes financières et bancaires et de consulter par sa formation et ses fonctions une exceptionnelle documentation confidentielle ou peu connue, dont il a su tirer le meilleur profit pour mener à bien son œuvre absolument remarquable, servie par un don exceptionnel de synthèse.

Genèse d’une œuvre magistrale unique au monde

Dans un entretien accordé en 1985 au quotidien espagnol « El Alcazar ». Jean Lombard expliquait l’origine de son œuvre monumentale et ce qui l’avait décidé à entreprendre une tâche aussi vaste. Il déclarait : « Le hasard en fut à l’origine, lorsque je passais tout l’été de 1939 aux Etats-Unis et au Canada. Il me permit d’assister aux préparatifs idéologiques de la Seconde Guerre Mondiale. J’en vins à découvrir le visage voilé des « forces occultes » et à pressentir que ce sont elles qui ont fomenté les guerres et les révolutions : Je décidai alors de rechercher pour mon compte les racines de ces « forces occultes », en découvrant des textes originaux et en les confrontant avec l’histoire générale. J’eus alors la chance de trouver certaines œuvres, qui sont la clé de ces investigations laborieuses, tels les « Selected Essays » (Essais Choisis) de Darmestetter, version américaine des « Prophètes d’Israël », écrit en 1891. Et je suis parvenu de la sorte à reconstituer le développement du capitalisme et, à son tour, celui du (marxisme) – collectivisme ».
Car il y a bien, aussi étonnant et contre-nature que cela puisse paraître, un lien fondamental entre le capitalisme et le marxisme ! Il y a bien eu une montée parallèle du capitalisme et du collectivisme. Écoutons Jean Lombard : « Pour comprendre cette alliance, qui semble contre nature, étant donné l’affrontement idéologique existant en apparence, il faut expliquer, à partir de la genèse du capitalisme et du collectivisme, quels sont les antécédents historiques de la démocratie libérale, selon l’israélite polonais Brzezinsky, mentor de Carter. Je la compare d’habitude à l’image d’un tunnel, dont la droite et la gauche élèvent respectivement les parois, bien qu’il n’offre qu’une voie unique, conforme aux paramètres des technocrates, c’est-à-dire la servitude dont souffrait le peuple de l’ancienne Égypte. En réalité ce n’est là qu’une pseudo-démocratie, dans laquelle les élections sont tolérées mais les candidats présentés par les Directoires Secrets, et ce n’est lever aucun voile que de préciser que bien des politiciens des démocraties occidentales, qu’il s’agisse des États-Unis, de la France, de l’Italie ou de l’Angleterre, appartiennent à ces Directoires, bien qu’ils se disent libéraux ou socialistes, selon les partis auxquels ils appartiennent ».

On peut donc confirmer le lien entre le Capitalisme et le Marxisme : « Pour convaincre les incrédules, je ne puis leur exhiber un contrat de mariage par-devant le juge, qui n’existe pas, bien sûr. Mais je peux leur apporter au moins la preuve d’un concubinat. Depuis la mort d’Adriano Lemmi, G ∴ M ∴ de la maçonnerie italienne et meneur du « World Revolutionary Movement », le siège de celui-ci se trouve à New-York, dans ce même édifice Harold Pratt, où les Rockefeller hébergent le fameux « Council on Foreign Relations ».
Ainsi le Mouvement Révolutionnaire Mondial, bien qu’étant issu de la gauche marxiste, cohabitait avec la Haute Finance, comme des loups entre eux. Dans l’œuvre de Jean Lombard se trouve la constante démonstration par les faits que, dans la plupart des cas, ce ne sont pas les gouvernements officiels qui prennent les ultimes décisions. « Cela arrive, mais non de façon absolue, que ce soient les membres des forces occultes qui dictent ces décisions par personnes interposées. Ces forces occultes, depuis le XVIIe siècle, se sont réunies dans le dessein de dominer les pouvoirs politiques visibles et de manipuler leurs finances. Elles sont multiples, mais les plus connues sont : les Rose-Croix, les Illuminés de Bavière, les Francs-Maçons et quelques autres sociétés secrètes ».

L’objectif principal du Capitalisme a été d’étendre son influence grâce à l’argent : « Les marchands cherchaient à se délivrer des entraves sociales et politiques, telles que les restrictions imposées par les Corporations et les condamnations de l’usure par l’Église, boulevard jadis défendus par les gouvernements légitimes. L’intervention de la Banque et des établissements de finance a été d’importance primordiale dans l’origine et la consolidation des révolutions anglaise, américaine du nord et française. De sorte que l’historien de la Fronde, Henri Malo, a pu écrire avec raison que « l’histoire des révolutions est inscrite dans les livres de compte des banquiers ». Ceux d’Amsterdam sont intervenus non seulement en faveur de Cromwell, mais aussi dans la restauration de Charles II. Le cas de la chute de Napoléon est particulièrement éloquent. L’Empereur a tenté d’échapper aux greffes des banquiers internationaux et de se passer de leurs services. Mais le syndicat des Rothschild, de Baring et Boyd (de Londres), de Hope et Labouchère (d’Amsterdam), de Parisch (de Hambourg) et de Bethmann (de Frankfort) s’est uni et a soutenu toutes les coalitions contre Napoléon, qui a succombé devant la résistance civile espagnole et l’immensité des steppes glacées de la Russie ».
Le capitalisme va alors atteindre son zénith : « Le Congrès de Vienne confirma l’hégémonie de la Haute Finance sur l’Europe. Dès lors les cinq frères Rothschild répandus dans les capitales du vieux continent et leurs associés du monde entier devinrent les banquiers des rois comme les rois des banquiers… Jusqu’en 1848 ils maintinrent leur suprématie absolue. Un autre fait qui instaura la prédominance de l’hégémonie britannique a été la perte des colonies espagnoles en Amérique du Sud, rendue possible par deux francs-maçons, Bolivar et San Martin, grâce au concours de l’Angleterre et des loges espagnoles, neutralisant le gouvernement de Madrid. Le résultat en a été la substitution du joug espagnol de celui de l’Angleterre et plus tard des États-Unis. Ce qui a entraîné une pire oppression pour les peuples américains ».

Parmi les forces occultes se détache la franc-maçonnerie dont on remarque la présence permanente : « Il ne serait pas exagéré de reconnaître qu’elle a assumé, seule ou en collaboration avec d’autres, la mission de susciter les plus grandes révolutions de l’histoire moderne. Son action a été manifeste dans les troubles des révolutions d’Angleterre (1640 – 1688), puis elle provoqua les dissensions d’où sortirent les protestations américaines, fomenta les tentatives révolutionnaires des Pays-Bas et de Suisse avant la Révolution Française et engagea celle-ci (1789) dans ses trois phases contre les gouvernements constitués et la propriété individuelle. Elle organisa aussi la Révolution de 1848 qui prétendait ouvrir la voie à une ère nouvelle ».
Il existe en effet des raisons qui expliquent l’intérêt de la maçonnerie et des « forces occultes » vis à vis du collectivisme : « Trois siècles avant l’apparition du marxisme, les éléments Rose-Croix, promoteurs de la Reforme et des Révolutions d’Angleterre inspirèrent une série d’œuvres comme « l’Utopie » de Thomas More, « La Cité du Soleil » de Campanella, « La Nouvelle Atlantide » de Francis Bacon, qui furent la semence d’où le communisme est sorti. Joseph Salvador, auteur d’ouvrages célèbres, soutenait qu’en 1840, après avoir soumis les gouvernements, devait être instauré un gouvernement semblable à celui de Joseph sous les Pharaons ».
Quant au pouvoir des maçons dans la sphère internationale, il ne saurait être minimisé : « Avant la Révolution Française, les deux tiers des députés du Tiers-État étaient maçons. Parmi la noblesse, appartenaient aux loges la plupart des 90 députés libéraux groupés autour de La Fayette et de La Rochefoucauld. La France, est depuis 1875, soumis à un régime de démocratie maçonnique. C’est la raison pour laquelle Camille Dreyfus, du Conseil de l’Ordre du G ∴ O ∴ inaugurant un groupe scolaire à Jury en octobre 1882, s’exclamait satisfait que : « la Franc-Maçonnerie prépare les solutions que la démocratie fait triompher. Elle est aussi très influente en Amérique du Nord, puisqu’elle a été le détonateur de la Révolution. Benjamin Franklin ayant été initié à Philadelphie en 1730 dans les loges dissidentes des « Anciens » d’Angleterre. Plus tard une liste interminable d’ « Ashkénazim » établit leur suprématie sur l’économie des États-Unis : les Seligman, les Lazard, les Gould et les Kuhn-Loeb ».

Quant aux perspectives, « si l’on part de l’idée que la démocratie est saturée de libéralisme, alors l’on arrive à la conclusion qu’elle porte à faux, car le libéralisme a été l’instrument efficace du ligne de l’Argent. Sous sa forme politique, il a converti l’État en butin partagé des partis et de la Haute Finance. Sous sa forme économique, à force de favoriser une spéculation effrénée, il a détruit les monnaies, troublé le commerce et tué l’épargne, en nous menant au super-capitalisme. Dans le domaine social, il a détruit, avec les corporations, les moyens de défense des travailleurs ».
Parallèlement à tout ce réseau de « forces occultes » il convient d’ajouter les « groupes de pression » mondialistes qui accaparent actuellement l’influence, en agissant dans le monde entier : « L’attention des observateurs est concentrée sur les plus puissants : la Table Ronde, le CFR, la Commission Trilatérale (Club des politiciens les plus marquants), le groupe de Bilderberg (qui prétend contrôler l’Union Européenne), le groupe scientifique de Pugwash entre les deux Supergrands, etc. ».
Jean Lombard concluait son entretien en recommandant « qu’il convient de rendre leur primauté aux valeurs éthiques, morales, naturelles et traditionnelles. Restaurer l’État en harmonisant l’autorité avec la représentation. Doivent être créés les organes nécessaires à la défense des cellules naturelles de la Société, c’est-à-dire la famille, la commune, la province, les professions et les métiers. Remplaçant le jeu périmé des partis et assemblées parlementaires, faussé par les groupes de pression et manipulé par les Directoires Secrets et leurs technocrates fantoches. Et en fin, bloquer la voie au « mondialisme », aux mains des sectes et des financiers sans scrupules ».

Une somme « anti-mondialiste » sans équivalent

Nous avons présenté dans La voix des Francs n° 11 un maître de la Contre-révolution Catholique – Mgr Henri Delassus – un des meilleurs connaisseurs de la « Conjuration Antichrétienne ».

Jean Lombard, lui, est un des plus grands spécialistes de l’Histoire Secrète de 1453 à 1980, soit une période d’un demi-millénaire pendant laquelle l’Église, l’Occident Chrétien et le Monde ont connu des bouleversements considérables dont le plus terrible fut la Révolution dite Française. De la chute de Constantinople à notre époque, on peut dire sans la moindre exagération que la domination des Société Secrètes et de la Haute Finance Internationale s’est appesantie sur le monde dans le but exclusif de le conduire à une unité complètement artificielle que les sectaires appellent la « République Universelle » ou le « Gouvernement Mondial », utopie qui doit conduire logiquement au Règne de l’Antéchrist. Cette période de l’Histoire Universelle correspond d’ailleurs au « Cinquième Age de l’Église » d’après le Vénérable Barthélémy Holzbauser.
D’une certaine façon, l’œuvre de Jean Lombard constitue le développement achevé de l’œuvre de William Carr, « Des Pions sur l’Echiquier ». L’érudition et les références innombrables fournies par J. Lombard permettent ainsi de mieux apprécier l’ouvrage de l’auteur canadien. Jean Lombard, il faut le préciser, a été l’un des très rares auteurs français à citer William Carr et à le faire connaître dans notre pays, notamment le fameux plan des « Trois Guerres Mondiales ».

Cité dans le monde entier, son œuvre est particulièrement appréciée en Amérique du Sud et en Italie.
Jacques Bordiot, un des auteurs français qui contribuèrent le mieux à faire connaître le mondialisme en France dans les années 1970 et 1980 observait « qu’avec ses quatre volumes encyclopédiques, Jean Lombard nous présente un panorama complet sur les manœuvres des Forces Occultes – Sociétés Secrètes et Haute Finance Internationale agissant de concert – dans le processus de l’instauration d’un Gouvernement Mondial. En vérité, on reste confondu, surtout si l’on a quelque expérience de ce genre de travail, devant la masse d’informations réunies par l’auteur sur un sujet aussi ingrat. Comme bien on pense, les intéressés se sont soigneusement gardés de mettre leurs archives à la disposition de M. Lombard. Et l’on sait en outre que, sur ces questions, le Vatican refuse systématiquement de rendre public les dossiers de ses réserves secrètes, d’une richesse incomparable. Mieux vaut-il, peut-être, car, si l’on en croit certains privilégiés qui y ont eu partiellement accès, leur divulgation ne manquerait pas d’ébranler dangereusement les fondements mêmes de notre Société. L’œuvre de M. Lombard n’en est que plus remarquable. Ce qu’on lui refusait, il a dû le chercher ailleurs. A elle seule, la lecture des ouvrages figurant dans ses répertoires bibliographiques représente un travail de bénédictin ; et il faut y ajouter journaux et revues. Pourtant, une tâche impérieuse et fastidieuse oh ! combien ! attend encore l’auteur : prise de notes et de références, leur mise sur fiches et le classement des dites fiches pour pouvoir les retrouver quand nécessaire. Il existe des écrivains, fort rares; dont la mémoire infaillible leur permet de se passer de cette technique. J’ignore s’il en est ainsi de M. Lombard, mais je pense que, de toute manière, il a jugé plus prudent de se constituer un fichier, et la rédaction de la « Cara oculta » a dû en exiger un de considérable… Même ceux qui se sont penchés sur les agissements des Forces Occultes au cours des siècles sont certains d’y découvrir des infirmations qu’ils ignoraient ou des liaisons insoupçonnées entre divers événements. Ainsi, à titre d’exemple, et pour ne parler que du tome II, ai-je appris un détail qui m’avait échappé : à savoir que l’intervention de la Round Table britannique dans la Révolution Bolchevique d’octobre 1917 – j’y fus allusion dans « Une Main Cachée dirige… » – a eu pour intermédiaire un de ses plus importants affiliés, sir George Buchanan, ambassadeur de Grande-Bretagne à Saint-Pétersbourg. Je pourrais en citer combien d’autres. Encore que cette érudition ne soit pas ce qui m’a le plus frappé, mais l’effort constant de synthèse dont fait preuve M. Lombard, pour relier entre eux les événements mondiaux. L’opinion commune considère l’Histoire comme une succession discontinue de tranches d’événements étrangers les uns aux autres. On parle d’Empire Babylonien, d’Empire Chinois, d’Empire Egyptien, d’Empire Grec, d’Empire Romain, etc., comme d’entités intrinsèques, disparues à jamais, sans autres conséquences que celles d’épiphénomènes et de paradigmes. D’où le principe : « L’Histoire est un perpétuel recommencement ». Rien n’est plus faux, car, avant tout, « L’Histoire est mémoire ». Elle est une formation continue, dont les événements s’enchaînent logiquement au long des générations. Et si nous ne discernons pas cet enchaînement logique, c’est qu’il nous manque des maillons, oubliés, ou, trop souvent, tenus cachés par des forces occultes à tendance messianique. C’est à mes yeux, le plus grand mérite de M. Lombard d’avoir tenté de tirer de la masse de ses documents, la « substantifique moelle », d’avoir dégagé la continuité de l’Histoire depuis la chute de Constantinople jusqu’à nos jours, les interactions des événements contemporains et leurs conséquences dans la suite des temps, les interventions des forces « négatives » et des idéologies fallacieuses qui ont sapé la civilisation occidentale à base de christianisme. Et Jean Lombard conclut : « En cette fin de XXe siècle, le panorama que nous offrons au lecteur, résultat d’une analyse complète de la situation dans tous les pays, offre un spectacle qui semble annoncer le temps de l‘Apocalypse ».

Il s’y ajoute que les épisodes s’imbriquent étroitement, à la manière d’un « puzzle », dont seul l’assemblage cohérent donne une vue d’ensemble sur les événements, leurs origines, les mobiles des exécutants et leurs conséquences historiques. Ce qui permit à l’auteur d’en déduire les lignes directrices de l’évolution du monde au cours des siècles.

Un des passages typiques de la « manière » de Jean Lombard est celui où il étudie les prodromes du Concile Vatican II en fonction de leurs idéologies discordantes, les pressions exercées sur les Pères Conciliaires, notamment par le parti « progressiste », les étapes cahotées de l’auguste Assemblée et leur dénouement controversé. Tout est lié, tout s’y tient, tout est impliqué, commenté avec pertinence et impartialité.
Jean Lombard reconnaissait donc que le panorama présenté par cette fin du XXe siècle offrait les signes avant-coureurs de l’Apocalypse. Et Jacques Bordiot concluait : « Saurons-nous y échapper ? »…
Il y avait en effet de quoi s’inquiéter. On assistait alors au crépuscule de la Foi, au profit d’un syncrétisme œcuménique qui « dilue le dogme dans les nuées d’un humanisme et d’un panthéisme quasi maçonniques », le syncrétisme des Synarchies, de Coménius et de Louis-Claude de Saint-Martin, de Saint-Yves d’Alveydre et de Jean Coutrot.
On assiste aussi à l’effondrement des idéologies, que ce soit le libéralisme, instrument du règne de l’Argent ; le marxisme, sous la forme de social-démocratie, qui étouffe l’initiative privée par l’excès de la fiscalité, ou sous la forme du collectivisme, qui la détruit complètement par l’oppression d’une bureaucratie stérilisante ; l’égalitarisme de la Révolution permanente, qui écrase les nations sous les ruines de leurs structures vitales.
Et l’on ne peut que constater la faillite de l’économie, par l’incapacité de constituer et de maintenir un étalon monétaire.
– A qui la faute se demande Jean Lombard ?
– Au Messianisme raciste de ceux qui se présentent comme les élus de Dieu pour dominer les peuples ?
– Aux Faux Sages, obstinés à tirer des plans sur la comète ?
– Aux Impérialismes insatiables, qu’ils soient américain (en perte de vitesse), soviétique (déchaîné) ou chinois (menaçant) ?
– A la Haute Finance, « décidée à recourir à tous les moyens pour imposer sans pitié, que ce soit par la force ou par la violence, si la persuasion ne suffit pas, son Grand Dessein, camouflé en « Nouvel Ordre Economique Mondial ».

Au lecteur de tirer les conclusions des données présentées par J. Lombard. Il est contraint d’en déduire que c’est la coalition délibérée de tous ces éléments pernicieux qui a conduit le monde au bord du cataclysme.
Se pose alors la question fondamentale, vitale annoncée un peu plus haut : le cataclysme est-il inéluctable ou reste-t-il l’espoir d’y échapper ?
Il y a une seule certitude : en politique, rien n’est jamais désespéré. Au cours des siècles l’homme a dû et su faire face aux situations les plus catastrophiques, comme les invasions barbares ou la Guerre de Cent Ans. Mais il ne s’en est sauvé que par un retour aux lois naturelles qui régissent les sociétés, mettant en jeu toute la puissance et la ténacité de sa volonté.
Or ces lois naturelles, « la Politique – art et science – ne doit pas les déduire des principes préfabriqués et paresseusement acceptés (comme la « démo(n)cratie »), mais des faits et des leçons tirées de l’étude de la géographie, de l’histoire, de l’économie, de l’ethnique, etc. ».
D’autre part, c’est à la Politique qu’il incombe d’appliquer ces lois naturelles de manière que :

1 – les institutions répondent à leur fonction propre, en tant qu’organes correspondant à une nécessité biologique, comme la protection de la famille, ou comme la participation réelle et constante des citoyens à l’activité de ses municipalités et de ses assemblées de métier, mais aussi, sous la forme de démocratie directe à la base par la consultation directe des intéressés sur ce qu’ils connaissent, à la constitution de chambres syndicales, provinciales, régionales apolitiques ;

2 – il s’établisse un équilibre social et politique, sous l’autorité d’un arbitre respecté, entre une hiérarchie coiffée par un Conseil d’État chargé de rédiger des lois, une administration compétente et permanente échappant aux caprices des majorités éphémères, et une représentation valable des forces vives à tous les niveaux.

A cet effet, et en attendant le retour de l’ordre voulu par Dieu, il faudrait revenir à l’institution romaine des « tribuns » et des « consuls », qui reconnaissait la double nécessité d’une autorité indiscutable et d’une représentation authentique.
Car il est certain qu’à notre époque, la séparation des trois pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire, préconisée par Montesquieu, est aussi fallacieuse que l’égalité de tous les citoyens devant la loi. Chaque jour apporte la preuve des empiétements autoritaires de l’exécutif sur le législatif – comme l’adoption « sans vote », par l’Assemblée Nationale, du projet de loi concernant l’élection du Parlement Européen au suffrage universel – et sur le judiciaire – comme l’institution des Tribunaux d’Exception.
Mais il ne faut pas le dissimuler, ce retour impératif aux valeurs fondamentales ne se fera pas sans mal : il exige un changement total de nos modes de pensée et de vie, une véritable (Contre)-Révolution, par un combat long et acharné contre les Puissances Occultes qui, depuis deux-cents ans, nous poussent à la catastrophe. La Civilisation Occidentale est attaquée de toutes parts, ouvertement de l’extérieur, insidieusement de l’intérieur. L’Europe est désagrégée en esprit et en puissance ; ses populations anesthésiées, chloroformées, lobotomisées. L’ultime rempart contre les Forces de Mort, l’Église Catholique, est ébranlée jusque dans ses fondements. Nous en sommes à « hora et potestas tenebrarum » !…
Pour sortir de ce cercle infernal, le seul recours humain serait la Contre-Révolution Catholique et Royaliste. Mais une Contre-Révolution n’est pas un sursaut spontané, né de l’instinct de conservation : elle ne peut être que le résultat d’une longue et minutieuse préparation. Elle implique comme condition primordiale que les populations soient éclairées sur la situation exacte du monde et sur les dangers qu’elles courent. Lorsqu’on étudie la préparation de la Révolution d’Octobre 1917, on est frappé de l’effort d’information déployé par les Bolcheviks auprès du peuple russe pendant des décennies pour le convaincre et le gagner à leurs idées. Il n’y aurait point d’autres voies si l’on voulait parvenir à un résultat durable. Encore faudrait-il que les promoteurs du mouvement aient eux-mêmes une formation politique éclairée, fondée sur une solide connaissance des activités de leurs ennemis et des principes à leur opposer.
Sur ce point l’ouvrage de Jean Lombard s’impose dans leur bibliothèque.
Nous disions sur un plan humain. Mais nous savons qu’aujourd’hui une telle solution n’est plus possible car l’ennemi a pris possession de la terre entière et surveille avec la plus grande attention, les oppositions à son Plan de Domination Universelle.
La solution n’est plus qu’entre les mains de Dieu seul, qui nous délivrera de l’emprise de la « Synagogue de Satan » si remarquablement analysée par Jean Lombard. En attendant ce jour radieux, informons-nous, lisons, étudions dans les bons livres où nous disposons des clés d’interprétation de la véritable histoire. Ajoutons un dernier détail qui a son importance : Jean Lombard n’a pas oublié de présenter dans ses volumes les portraits des grands subversifs qui ont fait de ce monde un véritable enfer. Il avait bien compris qu’il est certes important de savoir « qui est qui » (who’s who) mais qu’il est non moins important de voir « qui est qui ». Le visage est bien souvent un révélateur de la personne et permet de mieux appréhender d’une certaine façon les serviteurs de la Contre-Eglise…

Ernest Larisse